Découverte de la voltige (élève pilote)


Un de mes instructeurs, Emmanuel, me conseille fortement d'essayer la voltige, car durant ma formation, j'ai du mal à oser partir en vol solo, ayant l'appréhension irrationnelle de perdre le contrôle de l'avion ou de paniquer sans instructeur à bord.


Ca tombe bien, j'ai depuis longtemps très envie de savoir ce que ça fait d'être dans un avion de voltige! Il m'a donc mis en contact avec son ami Philippe, instructeur voltige dans un aéroclub voisin.

Après quelques mois d'hiver à attendre que la météo soit d'accord, me voilà enfin sur le point de voler dans un joli Cap10. J'observe et inspecte l'appareil au sol sous tous les angles, en attendant que mon instructeur du jour revienne de son vol précédent.

Philippe est de retour en mode "super zen". C'est parti!

Premières impressions sur le Cap10, de mon point de vue d'utilisatrice de DR400 qui n'a jamais piloté autre chose:

- c'est un 2 places au lieu de 4

- pour vérifier le niveau d'huile en prévol, il faut carrément dévisser le capot au tournevis

- l'intérieur est beaucoup plus spacieux que celui du dr400, en tout cas plus large

- on s'équipe de parachutes

- beaucoup de sangles pour s'attacher, on est presque ligoté à l'avion

- la découverte du démarrage du moteur à injection (pas de carburateur)

- les freins sont seulement au niveau des petits orteils au lieu de tout l'avant du pied

Avec le train classique, difficile de voir devant, c'est perturbant au roulage. L'avion me semble plus massif visuellement, il ne réagit pas exactement de la même façon que mon avion habituel... Je ne sais plus ce que je sais faire ou pas faire, c'est drôle.

Nous voilà partis avec Fox Charlie Charlie, départ piste 28 pour aller droit vers la zone de voltige. Même pour des manoeuvres lambda, la sensibilité de l'avion me semble plus marquée que celle de mon DR400.

Philippe commence avec un petit jeu amusant: il pose sa tablette sur le tableau de bord, et me montre comment comment la mettre en apesanteur, simplement en maniant l'avion. Intéressant :-)

Puis quelques exercices: l'instructeur met l'avion dans des positions inhabituelles: piqué à plat ou en virage, cabré exagéré à plat ou en virage, piqué en virage à plus de 90°... puis à chaque fois, me laisse la main pour le remettre dans une position "normale".

Sortie de cabré exagéré: plein gaz + pousser le manche

Sortie de piqué: réduire gaz puis ressource souple

Sortie de piqué en virage: réduire gaz, ailes à plat, ressource souple.

Je trouve l'exercice plutôt intuitif... ayant expérimenté la sortie de virage engagé et autres exercices de mania en Robin, les gestes à effectuer me semblent tout de suite logiques.

Puis, quelques décrochages à plat et en virage, déjà vus en DR400, mais ça ne fait jamais de mal de réviser un peu...

On enchaîne ensuite avec une démonstration de ce qui peut arriver notamment en dernier virage, lorsqu'à faible vitesse, on n'ose pas trop incliner l'avion et qu'on met trop de pied dans le sens du virage: le vol n'est plus du tout symétrique, une aile décroche, et on se retrouve soudain sur dos.

En hauteur, ça se rattrape plutôt bien. Mais nous avons perdu 700 pieds, ce qui est nettement moins une situation d'avenir lorsque ça arrive à basse altitude.


Une chose à retenir: toujours garder la bille au milieu, et ne pas hésiter à opter pour la remise de gaz plutôt que vouloir se mettre dans l'axe de piste à tout prix.

J'aurais bien voulu tester la vrille, mais commence à fatiguer, et préfère garder ça pour la prochaine fois.

Pour s'amuser encore un peu tout de même, Philippe propose de m'apprendre à faire des boucles (loopings). Chouette! Donc palier à 220km/h, 2300 tours (il faut cadencer durant toute la figure, en adaptant les gaz en fonction de la position de l'avion)... tirer le manche pour afficher 3G, passer à 45°, plein gaz, regarder le triangle sur l'aile, puis regarder devant. Continuer de tirer le manche, et quand le nez de l'avion redescend, on réduit les gaz, puis palier, (tout en maintenant les 2300 tours).

Ensuite, le renversement. Palier à 220km/h, on cherche la verticale, à partir de 45° on met les plein gaz, puis lorsqu'on est à 90 km/h, du pied à fond pour retourner le nez de l'avion vers le bas, on redescend à la verticale, on réduit et on se remet en palier.

J'ai bien envie de continuer, mais gros coup de fatigue / saturation, je commence à perdre toute concentration et avoir du mal à comprendre quoi que ce soit, et je n'ai pas envie de me rendre malade... Nous retournons à l'aérodrome.

Il me faudra quelques heures et une bonne nuit de sommeil pour me remettre de mes émotions. Ce fut bref mais intense. Je suis étonnée de mon état de fatigue en arrivant chez moi (et contente de ne pas avoir été malade!).

En tout cas, une chose est sûre, j'ai hâte de renouveler l'expérience et d'en découvrir plus!