Comment une phobique de l'avion décide d'apprendre à voler

Je n'ai pas toujours eu peur de l'avion. Très jeune, j'adorais même ça, ça me fascinait. Jusqu'à 4 ou 5 ans, je ne redoutais qu'une seule chose: apercevoir Casimir et ses copains dans les nuages (oui, j'avais peur de Casimir de l'Ile aux Enfants). Les turbulences? C'était plutôt rigolo.

Mais à force de voir mes parents stresser en avion, très vite j'ai commencé à en avoir peur, avec tous les symptômes de la phobie: appréhension les jours précédant les vols, inquiétude à la moindre petite turbulence ou "bruit bizarre", tentatives d'évitement en essayant (en vain) de négocier des trucs ridicules pour ne pas avoir à le prendre, etc...

J'enviais tellement les gens qui étaient détendus en avion. Heureusement, la plupart des vols ne dépassaient pas 3 heures.

La seule chose que j'adorais, c'étaient les plateaux repas servis à bord (euuh...??).

Un beau jour, durant un vol, je discute avec le passager voisin, personnage plutôt improbable: un marocain parlant français avec un fort accent allemand et ayant un vague air de Gene Wilder.

Ce dernier est ingénieur chez Airbus et passionné par son métier. Il passe 2 heures à m'expliquer pleins de choses et à me parler de son travail. C'est là que je comprends qu'il suffit de m'intéresser aux avions pour en avoir moins peur.

Je comprends alors qu'il est facile d'avoir peur de ce que l'on connait pas (les raisons de l'aviaphobie peuvent être diverses). Je m'intéresse donc à l'aviation, et peu à peu, me prends au jeu.


A tel point que piloter se transforme en rêve utopique, qui me parait envisageable après une discussion avec mon pote Stey, alors élève pilote, qui m'explique que c'est beaucoup plus accessible que ça en a l'air, que le coût de la formation s'étalonne dans le temps, qu'on peut l'adapter à son rythme.

Quelques années plus tard, j'ai l'occasion de voler en DR400 avec mon ami Stey.

Première impression: une fois en l'air, je n'ai qu'une envie, celle de retourner au sol. Et une fois de retour sur le plancher des vaches, je n'ai plus qu'une obsession qui ne me quitte plus: voler à nouveau!

Cela me parait totallement fou, mais je m'inscris à l'aéroclub. Je ne veux pas regretter de ne pas avoir osé. Voyons jusqu'où je peux aller...


© by Mad Madssen.