Comment j'ai vaincu ma peur de l'avion.

Je n'ai pas toujours eu peur de l'avion. Très jeune, j'adorais même ça, ça me fascinait. Jusqu'à 4 ou 5 ans, je ne redoutais qu'une seule chose: apercevoir Casimir et ses copains dans les nuages (oui, j'avais peur de Casimir ce gros truc orange). Les turbulences? C'était plutôt rigolo.

Mais à force de voir les gens stresser en avion, très vite j'ai commencé à en avoir peur (malgré les vols plutôt fréquents), avec tous les symptômes standard: peur les jours précédant les vols, inquiétude à la moindre petite turbulence ou "bruit bizarre", tentatives d'évitement en essayant (en vain) de négocier des trucs ridicules pour ne pas avoir à le prendre, etc...

J'enviais tellement les gens qui étaient détendus. Heureusement, la plupart des vols ne dépassaient pas 3 heures.

La seule chose que j'adorais, c'étaient les plateaux repas servis à bord (euuh... QUOI??).

Un beau jour (ado à l'époque), me voilà encore dans un avion malgré moi. Afin d'éviter de trop cogiter, je discute avec le passager voisin (personnage plutôt improbable: un marocain parlant français avec un fort accent allemand et ayant un vague air de Gene Wilder, le Willy Wonka des années 70).

Coup de bol, ce dernier est ingénieur chez Airbus et passionné par son métier. Il passe les 2h du vol à m'expliquer pleins de choses et à me parler de son travail. C'est là que je comprends qu'il suffit de m'intéresser aux avions pour en avoir moins peur.

De fil en aiguille, je me prends au jeu. Je m'amuse à tenter de reconnaître les types d'avions de ligne lorsque je suis dans les aéroports. Les vols dans de petits avions sans trop de passagers me plaisent particulièrement, on s'y sent moins "enfermés", et on ressent mieux le ciel. Regarder des petits avions évoluer dans le ciel me rend envieuse (surtout ceux qui voltigent, dans les meetings aériens, les documentaires sur l'armée de l'air...), je me dis que ça doit donner un sacré sentiment de liberté. A tel point que piloter devient progressivement un vague rêve utopique, qui devient envisageable après une discussion avec Stey (une des personnes que je croise souvent aux concerts de rock): ce dernier m'apprend qu'il est élève pilote, et m'explique que c'est beaucoup plus accessible que ça en a l'air, que le coût de la formation s'étalonne dans le temps, qu'on peut l'adapter à son rythme.

​Quelques années plus tard, il me devient enfin possible de concrétiser ce projet, mais d'un coup j'ai un peu la trouille. J'ai un jour l'occasion de faire un vol de 30min avec mon ami Stey.

Première impression: une fois en l'air, je n'ai qu'une envie, celle de retourner au sol. Et une fois de retour sur le plancher des vaches, je n'ai plus qu'une obsession qui ne me quitte plus: voler à nouveau! En début de formation, la peur n'a pas encore totalement disparu (et elle reviendra encore très fort à certains moments), et je ne suis pas du tout certaine d'être capable d'arriver jusqu'au lâcher (1er vol où l'on décolle seul à bord de l'avion... rien que d'y penser me donne le vertige). Je m'interdis de réfléchir, et me dis que dans le pire des cas, ça sera une super expérience et déjà une victoire sur ma peur. Je ne veux pas regretter de ne pas avoir osé. Voyons jusqu'où je peux aller...

© by Mad Madssen.