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Comment j'ai vaincu ma peur de l'avion

Mis à jour : 28 déc 2018

Je n'ai pas toujours eu peur de l'avion. Très jeune, j'adorais même ça, ça me fascinait. Jusqu'à 4 ou 5 ans, je ne redoutais qu'une seule chose: apercevoir Casimir et ses copains dans les nuages (oui, j'avais peur de Casimir ce gros truc orange). Les turbulences? C'était plutôt rigolo.


Mais à force de voir les gens stresser en avion, très vite j'ai commencé à en avoir peur (malgré les vols plutôt fréquents), avec tous les symptômes standard: peur les jours précédant les vols, inquiétude à la moindre petite turbulence ou "bruit bizarre", tentatives d'évitement en essayant (en vain) de négocier des trucs ridicules pour ne pas avoir à le prendre, etc... 


J'enviais tellement les gens qui étaient détendus. Heureusement, la plupart des vols ne dépassaient pas 3 heures. 

La seule chose que j'adorais, c'étaient les plateaux repas servis à bord (??).


Un beau jour (ado à l'époque), me voilà encore dans un avion malgré moi. Afin d'éviter de trop cogiter, je discute avec le passager voisin (personnage plutôt improbable: un marocain parlant français avec un fort accent allemand et ayant un vague air de Gene Wilder, le Willy Wonka des années 70). 

Coup de bol, ce dernier est ingénieur chez Airbus et passionné par son métier. Il passe les 2h du vol à m'expliquer pleins de choses et à me parler de son travail. C'est là que je comprends qu'il suffit de m'intéresser aux avions pour en avoir moins peur.



De fil en aiguille, je me prends au jeu. Je m'amuse à tenter de reconnaître les types d'avions de ligne lorsque je suis dans les aéroports. Les vols dans de petits avions sans trop de passagers me plaisent particulièrement, on s'y sent moins "enfermés", et on ressent mieux le ciel. Avec le temps, je parviens à avoir de moins en peur, progressivement. Regarder des petits avions évoluer dans le ciel me rend envieuse (surtout ceux qui voltigent, dans les meetings aériens, les documentaires sur l'armée de l'air...), je me dis que ça doit donner un sacré sentiment de liberté. A tel point que piloter devient progressivement un vague rêve utopique.


Mais je ne suis pas encore "guérie" de ma phobie... il suffit d'une petite turbulence pour que des angoisses me tombent dessus.


Un jour, j'ai l'occasion d'aller voler en DR400 avec mon pote Stey, pilote privé breveté depuis peu. J'ai la trouille dans l'avion mais je m'efforce d'avoir l'air détendue. Dès le décollage, je n'ai qu'une envie: revenir sur notre bonne vieille terre ferme. Mais lorsque nous atterrissons, je n'ai plus qu'une obsession, surprenante et irresistible, celle de recommencer...!


Alors j'arrête de réfléchir, et je m'inscris, avec à peu près zéro espoir d'obtenir mon PPL (la simple idée du lâcher solo me donne le vertige), mais en me disant qu'au moins j'apprendrais à manier un avion, chose déjà énorme pour moi.


À ce moment, j'étais bien loin d'imaginer ce qui allait suivre... ;)

Mad

Madssen