Base aérienne 279, CANOPÉE


Aujourd'hui, sortie club des plus spéciales.

Nous avons la chance de nous rendre à la base aérienne 279 à Châteaudun. Les demandes d'autorisations d'atterrissages ont été faites en avance, conformément aux indications de la VAC du terrain.

DÉPART

Nous partons à 8 pilotes, répartis dans 3 avions au lieu de 4, car le dernier appareil souffre d'un problème de palonniers.

Pour plaisanter, Michel a apporté une corne de brume pour chasser la brume (celle ci ayant une fâcheuse tendance à s'inviter dernièrement). La petite blague semble fonctionner, car ce matin la météo est idéale!

Crédit photo d'origine: site de l'aéroclub

ESCALE À BLOIS

Nous faisons escale à Blois pour pique-niquer sous l'Airbus A380 gonflable de l'aéroclub local. Au milieu du repas, une jolie surprise: 3 superbes hélicoptères (Ecureuils) atterrissent les uns après les autres.

CHÂTEAUDUN

Ils ont une jolie piste à Châteaudun, avec beaucoup d'avions au sol.

À l'arrivée, nous sommes attendus par les gendarmes et les militaires, qui prennent nos cartes d'identité pour la journée, et nous font remplir un questionnaire (inhabituel pour nous).


Nous nous garons devant le hangar où nous allons passer l'après midi. C'est celui de CANOPÉE, une association qui restaure des anciens avions de l'armée pour les exposer.


Nous aurons 2 guides aujourd'hui: Jean Baptiste, pilote de l'aéroclub membre de CANOPÉE, et Daniel, ancien pilote de l'armée de l'air et instructeur sur Alphajet (avec entre autres 2000 heures de vol sur le superbe Fouga Magister).

Parmi les grands points forts de cette visite: les anecdotes et détails techniques sur les avions que nous découvrons. En voici quelques uns.

MYSTÈRE 20: LE JET PRIVÉ QUI CACHE UN AVION DE CHASSE

Le Mystère 20 est un biréacteur développé par Dassault dans les années 60 pour l'aviation d'affaires. L'exemplaire disponible sur place a été aménagé comme avion école pour les entrainements sur Mirage IV. Avec Emmanuelle, nous visitons le cockpit.


Ce dernier est insolite: la place de gauche ressemble à celui classique de jet privé (volant, etc...), et la place de droite est aménagée comme un cockpit de Mirage IV. La place du navigateur se situe dans la cabine passagers. Nous regardons le périscope à bord pendant qu'un membre de notre groupe agite la main sous l'avion.

On crâne un peu pour la photo, mais en réalité nous sommes tous comme des gamins devant ces belles machines...

JAGUAR TOUCHÉ PAR LE SOUFFLE D'UN MISSILE ENNEMI, GUERRE DU GOLFE

Cette histoire a été racontée à Jean Baptiste par le pilote de cet avion lorsque ce dernier a revu l'appareil pour la première fois ici, de nombreuses années après les évènements.


Après l'impact, l'avion qui volait bas, a évité de percuter le sol de justesse. Mais l'un des deux réacteurs a pris feu. Jugeant trop dangereux de s'éjecter en zone de combat, le pilote a choisi de tenter d'atteindre la base la plus proche, en demandant à un autre avion (ayant un souci aussi, mais pas d'incendie) de le suivre et de le prévenir si les flammes s'approchent trop du cockpit.


Il a pu tenir ainsi 40min avant d'atterrir sur la base, sain et sauf. Pour célébrer l'heureuse issue de la journée, il aurait allumé un cigare sur les flammes de l'incendie.

Le truc informe sous les tuyaux, c'est le métal qui a fondu.

MIRAGE III ET SIÈGES ÉJECTABLES

Ce jour là, j'ai la chance de m'installer à bord d'un Mirage III. Bien sûr on reste au sol, et je suis déjà bien heureuse!

On accède au cockpit à l'aide d'une échelle. Celui ci est très étroit. Une fois à bord, j'allume la batterie de l'avion, celle ci fait un sacré boucan. (Et oui, je m'émerveille de tout!)

Pendant que je regarde partout à l'intérieur, Daniel nous apprend pas mal de choses sur le siège sur lequel je me trouve. Un mannequin en mousse et en uniforme est exposé pas très loin pour nous montrer comment les pilotes y sont installés. Les gens ont souvent tendance à penser qu'un siège éjectable, c'est juste un siège qui s'éjecte... la réalité est bien plus complexe que ça...

- lors d'une éjection, le pilote encaisse jusqu'à 20G... violent pour l'organisme, mais c'est mieux que prendre un bout d'avion dans la figure à haute vitesse - des sangles/harnais rétractables plaquent le dos et les jambes du pilote contre le siège... le but étant, vu la violence de l'éjection, de retrouver tous ses membres à l'arrivée

- le siège est équipé d'un parachute rond qui s'ouvre automatiquement, avec une vitesse de chute d'environ 6,7m/s... pas de grande voile rectangle qui ferait descendre en douceur car incontrôlable et dangereux

- le volume du siège est optimisé au maximum... outre les mécanismes d'éjection (complexes et non détaillés ici) et le parachute, celui ci est également équipé de réserve d'oxygène, paquetage de survie sous le siège (dont le contenu varie selon le lieu de la mission), éventuellement canot de sauvetage...


AUTRES HISTOIRES

Nous avons aussi:

- constaté l'évolution des réacteurs dans le temps,

Mirage F1 et réacteur

- écouté l'histoire cocasse d'un pilote de chasse qui a aurait dû prendre ses précautions avant de partir en vol

Modèles d'avions non conformes, mais histoire vraie

- constaté que le cockpit du Mirage IV est sacrément haut

- observé un Alpha Jet qui a fini à la casse après une collision avec un gros volatile au niveau du réacteur, et l'importance étonnante des dégâts...

- appris que l'Ouragan n'existait pas en biplace et que les pilotes étaient lâchés sur cet appareil directement lors de leur premier vol. Ils allaient ensuite seuls au dessus de la mer pour expérimenter le passage du mur du son pour la première fois

- admiré une immense et superbe collection de maquettes d'avions qui appartenait à un passionné

- dévalisé la petite boutique de maquettes (enfin, certains d'entre nous)

- appris pourquoi on cherchait autant que possible à rapatrier les avions de chasse hors d'usage ou crashés en mission (enquête, récupération de matériel réutilisable, éviter l'espionnage industriel, etc...)

- nous nous sommes attendris les uns après les autres en découvrant un minuscule avion exposé tout seul au milieu des gros appareils... (une maquette de Lysander, avion remarquable et qui a une histoire fabuleuse pendant la seconde guerre mondiale, où il se posait de nuit, pour déposer ou rapatrier des résistants, pilotes abattus, et espions en territoire occupé...)

RETOUR

Après avoir chaleureusement remercié nos hôtes du jour pour leur remarquable accueil, nous voilà repartis pour la région parisienne, dans notre bon vieil aérodrome.

Encore merci à ceux qui ont eu la super idée d'organiser tout ça, et à Jean Baptiste et Daniel pour leurs anecdotes et informations!


NB: Pour plus d'informations sur CANOPÉE, rendez vous sur leur site web canopee-chateaudun.fr



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