Assistante juge pour une compétition de voltige


Au lendemain de la navigation et journée à Oléron, je reçois un message aussi insolite qu'inattendu d'un de mes contacts Facebook qui me propose d'être son assistante juge durant la coupe Nord Voltige à Bernay. Il doit remplacer un autre juge à la dernière minute, et se trouve pris au dépourvu (la compétition commence dès le lendemain).

Je n'ai jamais rencontré Willy, mais Thierry le chef pilote de mon aéroclub, qui le connait depuis belle lurette (ayant été jadis son instructeur, puis collègue instructeur), me dit que ça peut être une bonne expérience. La curiosité et mon intérêt pour la voltige aidant, me voilà donc en route dès le lendemain, pour quelques jours.


Le 1er jour, appel des participants, puis briefing de la compétition et tirage au sort des ordres de passage, j'ai l'impression d'être à une rentrée des classes. J'assiste ensuite à l'élaboration des programmes "inconnu" par les juges (qui s'arrachent bien les cheveux), pour chaque catégorie: Espoir, Promotion, et National 2. Il s'agit de suites de figures de voltige dont les concurrents prendront connaissance 6 heures avant le début de l'épreuve.


Je découvre les avions garés dans le hangar et à côté. Surtout des Cap10, quelques Extra200. Il y a aussi un Extra300 (orange et bleu).

Au lieu de faire un récit chronologique, dont l'écriture m'amuse peu, je vais plutôt résumer cette expérience en quelques points.

1. LE TRAVAIL DE L'ASSISTANT DE JUGE

Les juges sont installés près de la piste, en face du box (zone d'évolution pour la voltige), de façon à bien voir les figures exécutées. Assez loin les uns des autres, pour ne pas entendre ce que les autres disent à leurs assistants, le but étant de ne pas s'influencer entre eux. Ils sont équipés d'espèces de talkie walkies branchés sur les fréquences radio (auto information de l'aérodrome, et fréquence spécifique à la compétition). Ma mission est d'écrire les notes et remarques pour chaque figure, ainsi que les éventuelles pénalités, sur des feuilles en papier, puis de les reporter sur des tablettes connectées à un réseau Wifi qui regroupe et communique les résultats en direct.

Très vite, je comprends l'intérêt de la présence des assistants juges: il est impossible d'écrire et observer en même temps. Même si je fais un effort, j'arrive tout juste à voir la moitié de ce qu'il se passe en l'air. Autres désagréments: le froid (sauf le dimanche où la météo a été super), l'attente, les insectes, le peu d'occasions de soulager sa vessie (surtout pour les filles).

Cependant, le directeur de compétition nous apporte ou nous fait parvenir parfois des boissons chaudes ou fraîches, ce qui ravit tout le monde à chaque fois. Au fur et à mesure, j'en apprends un peu plus sur la voltige, et dorénavant sais à peu près ce qu'est un 45, un tonneau, une barrique, une boucle, une vrille dos, un renversement, etc...

Je comprends aussi sur quels critères précis les voltigeurs sont notés, ce qui était jusque là un grand mystère pour moi.

2. LES GENS

Côté organisation et jury, beaucoup de personnages différents (des gens de la FFA, Alain l'entraîneur de l'équipe de France de voltige planeur et guitariste de jazz manouche, Loulou un ancien plongeur en grandes profondeurs, Willy qui a fait ses premiers vols sur Pitts et qui a énormément bourlingué, etc...), mais tous ont un point commun, la voltige, tout comme une partie des assistants de juges.

Côté participants, je suis assez surprise par la diversité des profils. Il y a vraiment de tout: des mordus de sport, des jeunes pilotes qui souhaitent se professionnaliser plus tard, des ingénieurs, un spécialiste du rubik's cube, un armurier, etc... Il y a aussi un peu plus de femmes que ce que pensais (6 je crois, sur un peu moins de 40 participants). Hommes et femmes concourent dans les mêmes catégories, sans distinction.

3. LES COUACS

Le plus gros inconvénient, la météo. Le temps est pourri les premiers jours, beaucoup d'attente et d'ennui en attendant une éclaircie.

Les jours suivants, la météo est changeante mais s'améliore progressivement, permettant à la compétition d'avancer un peu chaque jour, jusqu'à dimanche matin où nous avons droit à des conditions quasi idéales et un ciel superbe.


Cette expérience est malheureusement également l'occasion pour moi d'observer des incidents (qui se sont heureusement bien terminés)... Vu ma maigre expérience d'apprentie, je m'efforcerai de pas juger (des co***ries, j'en ferai probablement aussi), mais plutôt de prendre note et d'apprendre.

D'abord un DR400 qui décide de s'aligner et décoller alors que Fred (qui s'était pourtant annoncé à la radio) est courte finale. Puis, à deux reprises, des avions traversent la zone de voltige (pourtant active et signalée par NOTAM) sans contact radio ou carrément en coupant le tour de piste, passant un peu trop près d'un CAP10 en pleine évolution.


Ce qui a parfaitement l'intérêt de la lecture des NOTAM, de la bonne sélection des fréquences radio, et de l'application d'une certaine rigueur, nécessaire.

4. BONUS

Un avion qui appartenait à Jacques Brel et ses actuels propriétaires sont passés dire bonjour à l'aérodrome.

5. CONCLUSION

Cette semaine m'a permis d'apprendre pas mal de choses, rencontrer de nouvelles personnes, découvrir un milieu que je ne connaissais pas, et assister aux coulisses d'une compétition officielle.

Un grand merci à toutes les personnes que j'ai rencontrées cette semaine et qui ont accepté de partager un peu de leur passion et répondre à mes questions!


© by Mad Madssen.