Granville - Iles Chausey - Mont St Michel, niveaux de vol


Après le lâcher, vient le temps des navigations.

Avec Manu, j'ai fait une nav vers Chartresnous avions dû faire demi tour à l'aller pour cause de gros nuages et pluie trop opaque (mais c'était une bonne expérience, j'adore observer la pluie au loin, et c'était fun de fuir et pourchasser les nuages), puis une nav Orléans très instructive mais un peu fatigante à cause de la chaleur et des turbulences incessantes (j'ai tout de même réussi mon atterrissage sur une piste très étroite).

Pour la prochaine navigation, Manu propose une nouvelle sortie en dehors de la région Parisienne, dont le programme est prometteur: survol des îles Chausey, pause déjeuner puis plage à Granville, et retour vers Paris avec survol du Mont St Michel.

C'est à 1h50 de Paris (en incluant 15-20min de "détour-survol" par trajet), nous y allons à bord de Papa Juliet, avec Franck, un autre élève pilote. Je ferai l'aller, et lui le retour.

La veille nous avons préparé la nav (cartes, log de nav, notams) et Francis le mécanicien a vérifié le moteur. Le matin même, nous jetons un oeil sur les prévisions météo: il va faire très beau et très chaud!

Ce trajet est l'occasion de découvrir la navigation en niveau de vol (vue seulement en théorie jusque là). Il s'agit de voler au delà d'une certaine altitude en réglant l'altimètre sur la pression standard (1013 hPa), ce qui permet de: - voler plus vite (l'air étant moins dense en altitude il y a moins de frottement), - survoler les villes (tandis qu'à basse altitude nous devons les contourner), - éviter une majorité de turbulences, - apprendre à calculer la distance nécessaire de descente pour déterminer notre point de début de descente (Top Of Descent). Nous voilà donc partis, vers 09h30.

Cette fois, j'ai préparé mes antisèches pour les contacts radio, et je m'en sors nettement mieux que d'habitude pour contacter les TMA, SIV, etc... Petite remarque au passage: parfois on voit de drôles de trucs depuis le ciel...

Une fois sortis de la région parisienne et ses zones très restrictives en raison des activités aériennes très denses, nous entamons la montée jusqu'au FL65 (soit 6500 pieds d'altitude en atmosphère standard). Plus nous gagnons de l'altitude, plus la vitesse verticale faiblit, et la température se rafraîchit (ce qui est une bonne nouvelle vu les 34°C prévus aujourd'hui). Chose très intéressante également: plus nous sommes haut, plus l'avion est mou aux commandes, et j'ai l'impression de piloter un avion en chewing gum...

Comme d'habitude pendant les navigations, il y a tout le temps quelque chose à faire, pas de répit, je m'en sors pas trop mal mais ai tendance à être un peu désorganisée parfois. Il est ensuite temps de d'entamer la descente. Très rapidement aussi, nous apercevons la côte (on voit très loin quand on est haut!). Avant d'atterrir à Granville, nous faisons un petit détour par le large et survolons les îles Chausey... le paysage est paradisiaque, nous nous jetons tous sur nos appareils photos et mitraillons comme des paparazzis.

(cliquer sur les images pour les agrandir)

Retour vers la côte. Après un passage à la verticale de l'aérodrome de Granville, je m'intègre pour un atterrissage sur la piste 07, ce qui fait passer très bas au dessus de la plage en finale. Une partie du circuit se trouve sur la mer, et je découvre alors qu'il est plus compliqué de le visualiser au dessus de l'eau car pas de repère devant, il faut donc tout le temps tourner la tête vers la piste pour savoir où on est.

Vus du sol, les atterrissages sur cette piste ressemblent à ça (le hasard veut que pour cette vidéo, j'ai filmé un avion d'un autre aéroclub de LFPX, sur lequel Manu fait parfois de l'instruction... le monde est petit!)

A notre arrivée, nous remarquons plusieurs machines volantes étranges se baladant au dessus de l'aérodrome (majoritairement des deltaplanes à moteur), et font des atterrissages assez... inhabituels, sur une piste en herbe qui leur est dédiée. Il y a également un avion largueur qui décolle souvent avec des parachutistes.

Nous déjeunons au resto de l'aérodrome, et tous les clients des tables d'à côté parlent d'avions, comme nous, ça fait bizarre! Manu nous raconte pleins d'anecdotes marrantes à propos d'avions de ligne, et des histoires d'instructeur de vol, on rigole bien.

Puis nous profitons d'un bout d'après midi à la plage (quasi déserte en plein juillet! génial!)... Nous lézardons au soleil...

...trempons un peu les pieds dans l'eau...

....et voyons régulièrement les avions atterrir en passant juste au dessus de nos têtes (dont plusieurs fois le largueur de parachutistes, en photo ci dessous, et les parachutistes atterrissent par groupes sur l'aérodrome).

Il est ensuite temps de reboire un dernier verre de liquide frais et sans alcool (il fait une chaleur caniculaire), on se fait un nouveau copain (jeune canidé qui aime bien l'eau aussi), puis direction l'aérodrome.

Vu l'autonomie de notre petit Papa Juliet, malgré le plein avant le départ de Paris, nous devons refaire un plein avant de repartir. A la pompe, l'avion qui nous précède tombe bêtement en panne de batterie et ne parvient plus à redémarrer, nous nous retrouvons donc coincés pendant un moment.

Nous voilà enfin repartis, avec Franck aux commandes, Manu toujours à sa place d'instructeur, et moi sur le siège arrière. Après avoir passé tout l'après midi sous le cagnard, et étant chargé pas très loin de la masse maximale autorisée, notre pauvre avion peine au décollage, et l'avertisseur de décrochage s'acharne à exprimer son mécontentement. Mais tout s'arrange assez rapidement, et nous voilà à 2000 pieds au dessus de la mer, à nouveau survolant un superbe paysage.

En quelques minutes, nous atteignons le Mont Saint Michel, et survolons ses alentours à 1500 pieds (il est interdit de passer pile dessus, mais je trouve cette interdiction un peu étrange, car si on passe dessus on ne le voit plus...??). (Ci dessous: photos du Mont St Michel, que j'ai pris soin de ne pas polluer avec mes petits dessins pour vous laisser profiter du paysage)

Après en avoir pris plein les yeux, cap vers la région parisienne, et cette fois montons un peu plus bas qu'à l'aller, au FL55 (à cause de la règle semi circulaire).

J'en profite pour me détendre, regarder le paysage, prendre des photos, écouter ce qui se passe devant (il y a toujours des trucs à apprendre ou consolider), m'amuser à regarder mon GPS avion sur mon téléphone (et constater qu'il marche très bien, même dans les zones sans réseau)... Franck est moins avancé que moi dans sa formation mais se débrouille vraiment bien. Nous arrivons en région parisienne, je prends quelques dernières photos, et nous regagnons notre aérodrome.

Petit débriefing à l'arrivée, nous sommes tous contents de cette journée.

Ca vaut vraiment le coup de faire des sorties comme celle là, car au delà du côté ludique, c'est très formateur. Observer un autre pilote faire sa navigation, voir les autres avions atterrir sur un nouveau terrain sur lequel on vient soi-même d'arriver, expérimenter un circuit qui passe au dessus de la mer (chose plus compliquée à faire en région parisienne), avoir l'occasion de voler en niveau de vol, avoir une réelle impression de voyage plutôt que de simple exercice, noter une bonne idée de navigation à refaire un jour...

Merci encore à Manu pour cette chouette initiative!


© by Mad Madssen.